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 Compte Rendu/Journal - Agone :

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Vicylia
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MessageSujet: Compte Rendu/Journal - Agone :    Ven 13 Nov - 20:22

Drame : Cercle Maudit
Acte I : Aidons l'ancienne


Le retour au domaine de Chantebrume ne s'est pas déroulé sous les meilleurs auspices, loin de là. Si la Compagnie avait espéré s'y reposer et reprendre tranquillement leurs affaires là où ils les avaient laissés, après avoir dû gravir les monts à la recherche du cimetière des phénix, ils déchantèrent rapidement, car la situation était bien loin de celle qu'ils avaient connue. De retour pour le début de l'hiver, la brume pesante et l'humidité laissaient croire que l'Automne se prolongeait, et si ce simple constat aurait pu alarmer les Inspirés, ce sont bien les affaires internes, et non le climat, qui posaient un réel problème.

En premier lieu, la démographie du domaine avait explosé, voyant un second cercle d'habitation se construire autour du cœur de la ville. Les raisons de cet arrivage semblent diverses, et si dans une certaine mesure, il pourrait être signe d'une bonne santé économique, ou politique, cela n'est plus le cas. En effet, sans son seigneur pour s'en occuper, les rapports avec les autres domaines ne se sont pas améliorés, heureusement, ils ne sont pas plus détériorés, ce qui n'est pas le cas de la trésorerie. Chaque force semble avoir été méticuleusement attaquée, en premier lieu les livraisons de la boutique de Faustine, aux Herbes Folles, qui ne sont plus arrivées depuis des mois, puis le forgeron qui a disparu avec son meilleur apprenti, la mine qui subit un éboulement et enfin, la forêt qui fut incendiée dès le retour de la compagnie. Si ce n'était que ça, mais il faut également ajouter les disparitions d'habitants, dont le bourgmestre, et l'académie Jorniste qui ne donnait plus aucun signe de vie.

Si le feu fut maîtrisé sans mal, son origine en était plus alarmante, puisque démoniaque, et ce n'est pas le veneur, que l'on retrouva gravement blessé, qui allait rassurer le groupe. Avant de pouvoir écouter les informations qu'il avait pu obtenir dans son enquête sur les disparitions de citoyens, certains se rendirent à l'entrée de l'académie, pour y découvrir que cette dernière était emprisonnée par le givre, malgré ses défenses en place et anormalement agressives. À l'intérieur, pas l'ombre d'un être vivant, seulement les recherches éparpillées de la Principale, toutes touchant de prêt ou de loin à l'Hiver et au froid. Par la suite, revenant auprès de leur homme blessé, ils eurent la confirmation que des ennemis s'étaient enfoncés dans la forêt, sans que ces derniers ne soient clairement identifiés, la thèse des Abysses semblait toujours la plus évidente, et l'envoyé du Cryptogramme confirma l'hypothèse lorsqu'il dévoila être sur les traces d'un conjurateur.

Peu de temps après ces premières révélations, les inspirés apprirent l'existence d'un réseau souterrain, courant sous la surface du domaine, reliant différents points de la forêt, du marécage mais aussi les mines, l'académie, et qui sait quels autres lieux encore. Ils s'y engouffrèrent alors, avant d'y être rejoint par Faustine qui leur apprit l'établissement en ces lieux d'un cercle de Fée Noire qu'ils ne tardèrent pas à rencontrer. Ces dernières révélèrent alors la raison de leur venue, qui n'était autre que Faustine, qui jadis, avant son éveil actuel, avait été leur leader. Ce fut le tableau-monde qu'elles avaient en leur possession qui en dévoila plus sur cette vie antérieure, mouvementée et liée d'une manière déplaisante aux démons, comme au domaine, puisque la retraite de cette ancienne version de Faustine n'était autre qu'une grotte reliée à ce même réseau de tunnels. À peine la vision du tableau se fut-elle estompée que le poids des Abysses s'abattit sur le groupe, plongeant les fées du cercle dans un sommeil forcé, ne laissant que les Inspirés pour suivre la piste du démon jusque dans l'antre de la fée.

Là, ils triomphèrent du démon, mais le maître de ce dernier demeure introuvable alors même que sa menace semble peser lourdement.

(J'invite les autres membres du groupe à faire les ajouts et les ajustements qu'ils pensent indispensable. J'essaie de tenir ce topic à jour. )


Dernière édition par Hellwing le Ven 15 Jan - 17:08, édité 5 fois
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Livenlor
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MessageSujet: Re: Compte Rendu/Journal - Agone :    Ven 13 Nov - 23:08

merci pour ce petit résumé qui plaira à certains, cela me permet également de voir ce que vous avez compris, perçu, deviné... Twisted Evil
Comme toi j'invite les membres de la Compagnie à compléter ce récit.


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Vicylia
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MessageSujet: Re: Compte Rendu/Journal - Agone :    Ven 15 Jan - 14:31

Acte II : À la recherche d'un bon réveil matin

L'affrontement ainsi terminé, la Compagnie retourna au chevet des fées noires, toujours plongées dans le sommeil. Ils entamèrent alors des recherches approfondies, fouillant les coins et recoins du repère du cercle. Ils purent mettre au jour un grands nombres d'ouvrages, la plupart rédigés comme les mémoires de vies antérieures, destinés à la « réincarnation » de la fée concernée, ainsi que des comptes-rendus de recherches. Néanmoins, au milieu de cette abondance de récits, ils découvrirent deux artefacts, rejoignant le tableau qu'ils empruntèrent plus tôt :
Le Repos de la Dame est un tableau hivernale, qui, d'après ce que l'on en sait, représente l'une des retraites préférées de la dame de l'Hiver. Il s'agit d'un lac recouvert de givre, et dont les rives sont habitées par des êtres de différentes races de l'hiver, et qui, d'après leur style vestimentaire, semblent être issus de différentes périodes de l'histoire.
Les Pinceaux Trémoussant, eux, semblent douer d'une forme primitive de conscience, leur permettant d'aider le peintre du décorum dans sa tâche, rendant ses traits plus fluides et rapides. Cela dit, ces derniers possèdent la fâcheuse manie de se déplacer lorsque l'on ne fait pas attention, obligeant l'artiste à prendre quelques minutes avant chaque utilisation pour les retrouver.
Le Livre des Souvenirs est un grimoire contenant les informations rassemblées par les membres du cercle des sœurs d'émeraude à travers les siècles. Par une simple imposition des mains, il suffit de penser, le plus précisément possible, à l'information que l'on désire obtenir, et l'ouvrage s'ouvrira alors à la, ou aux, page capable de répondre à notre question.

Rangeant précautionneusement les deux autres, les membres de la Compagnie usèrent du Livre, cherchant à vaincre la malédiction accablant les sœurs du cercle. Ils en apprirent plus sur son origine, une fée noire répondant jadis au nom de Mélia, une obscurantiste et une conjuratrice obsédée par l'idée de vaincre l'appel et qui décida que la seule voie qui pourrait le permettre serait la sienne. Rassemblant ses fidèles, elle tenta de prendre le contrôle du cercle, mais fut finalement vaincu, c'est alors qu'elle lança sa malédiction. Ce n'est que bien plus tard, alors que le cercle était sur le point de disparaître, que Tamrashna, l'ancienne identité de Faustine, en prit la tête et le sauva de l'oubli dans lequel il s'enfonçait peu à peu.
Mélia, elle, avait survécu à la guerre civile, s'était une certitude, et elle s'en alla chercher du soutien dans les Communes Princières. Soutien qu'elle put obtenir en la personne de Yapong en personne, légende vivante et millénaire, seigneur de la plus puissante des cités, et maître de l'occulte pratique de la sorcellerie. Elle devint l'une de ses disciples, et fit rayonné son influence personnelle en devenant la directrice d'une école obscurantiste, ainsi qu'en s'alliant aux terribles nains de peste-métal, fidèles servant des Ténèbres.

Sur la malédiction en revanche, ils n'en apprirent pas plus. De Urguz, le démon qu'il venait tout juste de vaincre, ils ne purent apprendre que le cercle auquel appartenait son maître, un terrible obsidien. Sur l'école, ils n'en apprirent pas plus, et à défaut de pouvoir sauver les fées dans l'immédiat, ils décidèrent de reprendre ce pourquoi ils s'étaient rendus dans les souterrains en premier lieu, et se dirigèrent vers l'académie jorniste. Une fois sur place, arrivés par l'un des milles et un secrets cachés en ces murs, les découvertes furent bien plus rapide à obtenir. En premier lieu, le registre des invités leur apprit le passage d'un mystérieux mage sur lequel les informations restent laconiques, et qui se trouve être la dernière personne extérieure à avoir franchit les murs de l'enceinte – après le censeur. Le sort de glace qui avait frappé l'école, lui, semblait provenir du palier, à la limite même du marbre composant l'école en elle-même, et ce dernier faisait converger ses cristaux de froids vers le cloître.

Là, une fois encore, ils y dénichèrent un passage dérobé, caché sous une statue pivotante. Dans les sous-sols, ils trouvèrent alors professeurs et élèves rassemblés les uns contre les autres dans un sommeil agité, luttant contre le givre qui n'avait pu les atteindre. Ne parvenant pas à les faire émerger, ils firent un rapide tour des lieux, et découvrirent dans les couloirs et les salles, des fresques et des gravures rappelant sans doute possible la pratique des arts magiques, mais avant de pouvoir s'y intéresser plus,  ils retournèrent auprès des victimes frigorifiées qui entreprirent de sortir de l'école, pour les mener au domaine lui-même. Une fois fait, et alors même que Wadi parvint à sortir la directrice de son mal givré, Faustine, qui était resté auprès du cercle, vint à leur rencontre, apportant avec elle de nouvelles révélations d'une importance capitale.
Les deux seuls moyens de vaincre la malédiction des sœurs d'émeraude était de parvenir à réaliser une œuvre magistrale, d'art et de magie mêlée, un orchestre de l'accord devait jouer la partition sur laquelle une chorégraphie de danseur se produirait. Un travail titanesque dont la réalisation semblait pourtant moins difficile que celle de la seconde solution, car cette dernière obligerait les membres de la compagnie à s'enfoncer au sein même du domaine des Ténèbres. Il leur fallait descendre dans les Abysses...


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Livenlor
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MessageSujet: Re: Compte Rendu/Journal - Agone :    Ven 15 Jan - 14:57

Merci encore pour ce travail de résumé, que je vous encourage tous à fournir. Je verrai s'il y a moyen de laisser la mains à tous les membres de la section JDR pour "éditions" de texte afin qu'un seul message soit allimenté par tous et non pas avoir plusieurs résumés de la même séance


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Vicylia
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MessageSujet: Re: Compte Rendu/Journal - Agone :    Sam 12 Mar - 16:47

Acte III : À la recherche du chorégraphe, première partie




[Journal d'Héliomène, page n°1**]

Je profite actuellement de notre voyage vers le village de Rocvert pour poursuivre. Les derniers événements nous conforte dans l’extrême urgence et la gravité de la situation. J'ai narré plus tôt la révélation que Faustine nous fit quant aux moyens de lever la malédiction. Le choix logique, bien qu’extrêmement compliqué, nous portait, elle et moi, vers l'application de cet étrange association des Arts et de l'Emprise, mais il semblaient à notre seigneur et à son garde que la voie martiale et abyssale constituait le meilleur moyen de parvenir à nos fins. Dans les deux cas, nous ne pouvions fournir de solution immédiate, et nous décidâmes d'en rester là pour la soirée, la fatigue nous ayant tous durement rattrapés.

Au lendemain, aucun choix n'avait été réalisé, et des problèmes plus immédiats accablaient les pensées des uns et des autres. Les ressortissants de l'académie jorniste étaient toujours plongés dans leur état de stase, et il ne s'agissait que de l'un des nombreux malheurs ayant frappé le domaine. Comme d'un accord, nous nous accordâmes donc une journée pour panser nos plaies et, à notre mesure, celles du territoire. Afin d'en apprendre plus sur les hommes et les femmes, constituant la troupe installée en périphérie de la cité, je rejoignis leur campement.
Pendant ce temps, Siegfried se rendit dans les mines afin de rendre une visite officielle au responsable de la communauté naine y travaillant et d'ainsi en calmer les tensions, Cœur-Vaillant reprit le chemin de la forêt et Wadi celui de l'académie. Faustine, quant à elle, nous avait déjà quitté à l'aurore et aucun de nous ne savait ce qui traversait l'esprit de la fée.

Ma rencontre avec l'un des caravaniers se déroula d'une étrange façon, et je gage que l'homme tentait, autant que je pouvais le faire moi-même, de découvrir les intentions cachées derrière mon apparente et ingénue curiosité. Si j'ai pu, assez facilement, m'en attirer une sympathie courtoise, de celle qui lie les artistes, je n'en appris que peu sur la raison d'être de ce groupement, si ce n'est l'évocation d'une pratique qui me demeurait jusqu'alors inconnue : les maginaires. Je ne puis, encore aujourd'hui, en dire plus, n'ayant pas eu le temps nécessaire afin d'en apprendre plus de la part de cet homme, ou bien de notre cher livre des souvenirs.
Alors que je palabrais à l'extérieur de l'enceinte, le seigneur inspectait les sous-sols et y recevait les analyses toujours aussi alarmante des nains. Bien que calme de nature, il ne cachait pas le trouble que l'attentat avait créé au sein de leur communauté, et surtout la disparition des corps de leurs collègues. Wadi, lui, était retourné au sous-sol de l'école pour y étudier les salles d'art, bien que je ne puis définir ce qu'il y fit en détail. Cœur-Vaillant lui, paniqué par la disparition des artefacts et des fées endormies, normalement demeurés dans leur sanctuaire, entreprit de revenir nous prévenir. Son chemin cependant se déroula assez mal, mais j'y reviendrais.

Revenant à l'auberge, et désireux de me rendre utile, j'entrepris, comme Wadi le fit le jour précédent et suivant la description qu'il fit de son expérience, de réveiller le directeur adjoint de l'école en usant de ma flamme. Si l’opération fut un succès, elle me plongea dans une profonde torpeur, et je dormis pour le reste de la journée.  
Lorsqu'il revint enfin de la forêt, Cœur-Vaillant avait une nouvelle d'une tout autre importance à transmettre à Siegfried, il avait retrouvé les corps disparus du veneur. N'attendant pas plus, les deux combattants se rendirent sur les lieux et prirent connaissances des indices laissés sur place, notamment ce qui semblait constituer une étrange arme du crime : un morceau d'écorce dur. Ne sachant quelle magie ou quel être aurait pu user d'une telle arme, le seigneur entreprit de rendre une visite officielle aux nouveaux habitants de son domaine, et alla au chenet des lutins. Là, l'ancien le reçut aimablement avant d'écouter sa demande et d’examiner l'objet. Il lui apprit alors, profondément choqué, que celui-ci appartenait à une créature d'un autre âge, une animation de bois, un arbre vivant autrefois utiliser pour la guerre, mais le secret de son invocation s'était perdu dans les siècles.

C'est en possession de cette troublante vérité que l'ogre et le minotaure revinrent pour l'apprendre au reste de notre groupe. Faustine et Wadi firent leur retour, et c'est tout les quatre, accabler par un sentiment d'urgence, et conforter par les connaissances qu'ils prirent la décision de partir à la recherche du chorégraphe afin de préparer le rituel qui ferait disparaître la malédiction, car la fée noire savait désormais où nous pourrions trouver le dernier disciple de cette pratique. Je fus donc mis au courant le lendemain, et nous partîmes dans les heures qui suivirent. L'esprit encombré de nombreuses questions, même si l'une au moins avait trouvé sa réponse, puisque Faustine avait pu rassurer l'ogre sur le sort du sanctuaire d’émeraude, car c'est elle, qui en avait fait déplacer le contenu vers un lieu plus sûr.

Notre voyage fut interrompu par l'assaut de deux trolls, rendus fous de rage par une étrange corruption. Plus tard, une engeance du Masque s'en prit à Siegfried, manquant de le terrasser de son immonde poison. Heureusement, la troisième rencontre fut plus chaleureuse. Quatre ogres se trouvaient sur le coté de la route, deux hommes et deux femmes, celle-ci dansant au son d'un tambours. Le groupe, des mercenaires, étaient en chasse, poursuivant un griffon, et leur route, pour l'heure, suit la notre vers Rocvert.

( Je tente le format journal, si je peux avoir quelques retours si vous preferez ainsi ou la narration précédente, ça me sera utile pour savoir comment poursuivre ^^)
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Vicylia
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MessageSujet: Re: Compte Rendu/Journal - Agone :    Mar 5 Avr - 2:48

Acte III : À la recherche du chorégraphe, suite et fin

[Journal d'Héliomène page n°1**]

La lumière de Diurne commence tout juste à percer les volets de l'auberge en l'éclairant de quelques minces rayons, alors que je m'affaire déjà à la rédaction de ces lignes. Nous sommes enfin de retour à Chantebrume tous sain et sauf, mais les derniers événements et ceux à venir me poussent au comble de l’excitation. Mais je me dois de conter dans l'ordre.

Notre arrivée au petit village de Rocvert ne passa pas inaperçue. Les habitants observèrent notre procession d'un œil circonspect et suspicieux, n'ayant pas l'habitude d'assister au passage d'une suite seigneuriale, et encore moins à la voir se composer d'un brassage raciale aussi hétéroclite. Les ogres nous quittèrent, prenant la direction de la forêt alentour afin de poursuivre leur chasse, tandis que nous interrogions les villageois sur l'ermite sensé vivre non loin. Rapidement, l'un d'eux nous désigna un sentier s'enfonçant à travers bois, visiblement l'homme que nous recherchions, malgré son éloignement du monde civilisé, n'avait pas réalisé de grands efforts afin de cacher sa présence dans les parages.

Nous prîmes donc la direction indiquée, laissant derrière nous la suite du seigneur Siegfried, chargé de réaliser notre ravitaillement. Nous nous enfonçâmes sous les arbres dénudés, suivant le chemin confectionné par les pas de générations de marcheurs.
Désormais au calme, l'esprit moins affligé par notre quête, ce tracé me laisse perplexe, et je ne peux qu'imaginer les villageois et autres natifs de la région se rendant auprès de l'ermite pour lui apporter de quoi subsister ou l'écouter. A-t-il échappé à l'Ennemi par chance ou parce que ce dernier, dans ses machinations, exclu négligemment les petites gens ? La question s'ajoute au milles autres à son sujet, mais enfin, reprenons.
Nous trouvâmes une caverne et entrâmes en son sein après avoir pris de quoi nous éclairer. La galerie naturelle allait en s'élargissant et disposait d'une température bien plus clémente qu'à l'extérieur. Le tunnel donna finalement sur un large espace éclairée où le spectacle merveilleux qui s'y déroulait stupéfia certain d'entre nous – moi le premier. Là, un homme d'âge mûre à la tenue vieillie et rapiécée se tenait au centre d'un étonnant balais de Danseurs. Si je ne suis pas mage, j'ai eu la chance de pouvoir observer ces fabuleuses créatures d'éclat de nombreuses fois au cours de ma vie, la présence de certains d'entre eux auprès de deux de nos compagnons aidant. Pourtant, jamais je n'en avais vu autant rassemblés au même endroit, et encore moins évolués ainsi, libres, illuminant la grotte de leur scintillants déplacements.

Alors que nous n'osions réaliser le moindre geste, ce fut Faustine qui prit les devant, se rendant auprès de l'ermite. Alors que cette dernière tentait de lui parler, il apparut bien vite que l'homme n'était plus totalement maître de lui-même, et son regard, comme ses pensées, se perdaient souvent dans le vague, oubliant ses interlocuteurs. Il fallut toute la patience de la fée pour réussir à lui faire entendre une part de raison et lui permettre de se concentrer sur notre mission. Il lui transmit alors de précieuses informations, sous la forme d'une tâche à accomplir avant de consentir à nous accompagner jusqu'à Chantebrume. Nous devions trouver la partition nécessaire à la réalisation du rituel, qu'il nomma ainsi : L'éternel baiser de Diurne à la face de l'Harmonde, et ce dernier était lié à un certain Artrimar. Évasif, il ne put nous en apprendre plus, et nous le quittâmes charger de cette nouvelle mission à accomplir.

Nous retournâmes donc à Rocvert où, après quelques demandes infructueuses, on nous révéla connaître fort bien le personnage d'Artrimar. Bien que le considérant comme un personnage historique ayant appartenu à une lointaine époque, l'homme ne pouvait distinguer, dans son récit, les éléments qui relevaient du conte ou de la réalité.
Celui que l'on nomme Artrimar vivait à l'époque de la Flamboyance – bien que le villageois ne put évidemment pas la nommer ainsi – et se distinguait par ses capacités d'artistes. Il fit sa demeure dans les profondes forêts de la région et s'y installa avec sa femme. Puis, sans que cela ne soit expliqué, il perdit la raison et assassina sauvagement sa femme, avant de s'en prendre à tout ceux qui entraient sur son domaine. Son esprit vengeur et à jamais en quête de rédemption devait toujours hanté la région, s'en prenant aux imprudents s'aventurant trop loin dans les bois à la nuit tombée.
Si l'on se permit de grandement douter de la véracité de l'histoire, nous avons apprécié la précision avec laquelle l'homme nous indiqua le manoir d'Artrimar, et nous nous y rendîmes au plus vite. Ce dernier se trouvait non loin de Rocvert, et il ne nous fallut pas plus de quelques heures de marche pour l'atteindre.

Une fois que nous eûmes trouvé la demeure celle-ci abattit sur nous son ombre imposante, et le conte sanglant d'Artrimar que nous venions juste d'écouter, se rappela à nous. L'immense manoir était étrangement enclavé au bas d'une falaise. Les branches traîtresses semblaient masqué sa présence au voyageur jusqu'à ce retrouver au bas du mur de pierre duquel semblait s'extirper l'habitacle, comme une excroissance minérale. Celui-ci avait été taillé d'un bloc, si bien que même ses portes étaient formés de plaques rocheuses, fines et légères. Cette absence de rainure, démarcation et autre marque de travaux renforçait la beauté du monument d'une étrange et dérangeante manière. De plus, le temps n'avait, semble-t-il, eu aucun impact sur la structure qui avait conservé ses arrêtes marquées et ses murs lissées. Alors même que je ne vous en décris ici que le porche, je sens ma bougie vacillé et les frissons me gagnés.

Nous pénétrâmes finalement la demeure, la porte de pierre cédant avec une étonnante légèreté. La maestria d'Artrimar nous apparu alors de manière encore plus flagrante. Partout son art trônait, ici des objets et autres statuettes semblaient attendre qu'un aventurier ne s'en empare, et là de somptueuses sculptures épousaient pylônes et arches, observant notre passage de leurs yeux impassibles. Il était difficile de ne pas être conquis par un spectacle aussi grandiose, pourtant, bien vite, la présence de toute cette perfection ne fit que nous rendre plus nerveux encore. L'endroit n'aurait-il pas du être piller depuis des siècles ? Et pourquoi aucun seigneur de la région n'en avait fait son domaine ?

Alors que nous nous enfoncions dans la bâtisse ou seul le bois et le verre semblaient souffrir du passage des ans, Faustine testa la maison. Bien que j'ignore comment notre doyenne obtint un tel pouvoir – peut-être s'agit-il de sa Flamme ? - elle put réfuter avec certitude la possibilité que l'endroit soit un vestige de la Flamboyance. Nous continuâmes donc jusqu'à atteindre un petit atelier dans lequel j'émis l'hypothèse qu'Artrimar soit devenu un sorte de Génie perverti. En effet, les œuvres qui y trônaient semblaient perdre de leur superbe, bien que la maestria de leur créateur resta inchangé, pour à la place prendre une mesure plus torturée et perverse. C'est alors que la porte se referma derrière nous, maintenue par une force invisible, il nous fut impossible de l'ouvrir. Faites de bois, Siegfried tenta de la faire céder d'une charge qui se solda par un douloureux échec et un étonnement général, suivit d'une terrible appréhension. Seul une force mystique avait pu maintenir la structure face à l'assaut de notre leader minotaure. Succombant à ses démons intérieurs, Faustine sombra dans une crise de panique, et en quelques secondes usa de ses propres dons de mage pour se substituer à notre vue. Après quelques instants d'une pesante tension, un personnage éthéré fit son apparition, réminiscence échappée d'un passé révolu. Nous nous tournâmes prudemment dans la direction de cette manifestation, observant en silence la scène qu'elle jouait devant nous, et le secret qu'elle nous révélait.

Le fantôme se déplaça lentement jusqu'à prendre place en face de la dernière des statues, une représentation d'obsidienne de lui-même, Artrimar. Si ces lèvres semblaient bouger, ces déclarations nous demeuraient silencieuses et nous ne pouvions que juger de ses gestes. Il s'approcha encore de son double de pierre et posa sa main à l'endroit du cœur. Il extirpa alors un organe battant et noir de la statue, déversant son fluide ténébreux sur le sol avant que, dans un sursaut, il ne l'échange avec son propre cœur qu'il livra à son tour à la sculpture. Choqués par l'horrible rituel, aucun de nous n'osait bouger ou s'exprimer, jusqu'à ce que, dans un déclic, la porte ne s'ouvrit en laissant le monstrueux souvenir s'évanouir.

Nous quittâmes la pièce afin de poursuivre nos recherches, toujours hantés par la scène à laquelle nous venions d'assister. Le manoir ne nous en parut que plus oppressant encore. Nous nous enfonçâmes à l'étage, y découvrant un grand nombre de chambres, qui jadis furent certainement pleines d'artistes venus partagés leur pratique avec le seigneur des lieux. Nous, nous ne faisions que nous enfoncé plus profondément encore, peu enclin à poursuivre nos réflexions sur le passé de la demeure, le danger sous jasent que nous ressentions avait pris le pas sur notre curiosité. Finalement, nous atteignîmes une salle d'art, ou d'anciens ouvrages, fort bien conservés pour partie, traitaient des domaines que nous pouvons apprécier aujourd'hui, et sûrement d'autres encore. Cependant, ce fut le lutrin trônant plus loin dans la pièce qui attira notre attention. Je m'en approchai et y découvris L'éternel baiser de Diurne à la face de l'Harmonde, la partition tant attendue.

Alors que je le signalais à mes compagnons, Wadi lui nous dévoila la présence d'une chambre cachée et la présence d'une personne en sanglot dans celle-ci. La mission étant accomplie et l'appréhension ainsi que, je dois bien l'avouer, la peur induit par la demeure me fit totalement ignorer cette nouvelle présence, et je tentais de pousser le groupe à quitter le manoir sans plus tarder. Alors que chacun donnait son avis sur le fait de parti ou d'aller voir ce qui se déroulait dans la pièce adjacente, notre keshite prit la décision pour nous tous et écarta le battant. Là, une jeune femme accablée cachait son visage derrière ses mains, tentant en vain de retenir ses bruyantes larmes. Wadi entreprit d'en apprendre plus sur cette personne, qui nous dévoila être feu la compagne d'Artrimar.

Elle conta alors, entre deux écoulements lacrymaux, la tragédie de son couple. Le jeune artiste Artrimar était follement attaché à sa moitié, qu'il sculptait sous tout les angles. Elle, avait bien vite abandonnée sa carrière d'artiste pour embrassée le rôle de muse à plein temps. Pourtant, elle finit par trahir la confiance de son mari, et lui fit défaut dans les draps d'un autre homme. Le monde d'Artrimar vola alors en éclat, et il s'en suivit une lente descente vers la folie et la perfidie, jusqu'au meurtre puis la malédiction. Si Artrimar s'était damné, il avait emporté sa femme dans sa chute, la fautive s'étant condamnée à demeurer à ses cotés pour l'éternité. Des siècles de tourments et d'enfermement et bien d'autres à venir, et pourtant, lorsque Wadi émit l'hypothèse de vaincre Artrimar, elle ne put que nier cette possibilité, arguant que d'autres avaient péri en essayant.

Cependant, si elle n'avait aucunement la volonté d'échapper à ce manoir, ce n'était pas notre cas, et nous la quittâmes peu après. Lorsque enfin nous pûmes quitter l'air vicié de la demeure, ce ne fut que pour assister à l'affrontement qui s'y déroulait devant ses portes. Les ogres que nous avions rencontré plus tôt menaient un combat, opposé à la proie annoncée, un griffon des roches. La bête était impressionnante, et je dois avouer que je ne l'avais pas imaginer d'une telle envergure. Son corps, hybride de chair et de pierre, se dressait sur quatre pattes imposantes lui permettant d'atteindre au sol la taille de ses adversaires ogres. Ses muscles et ses ailes minérales lui offraient une vélocité insoupçonnée chez une telle bête, et sa queue balayait l'air avec la puissance d'un fléau.
La bataille fut courte mais intense. Nous nous étions engagés dans l’affrontement porté par le rythme guerrier battu par Feu-de-Diurne, et si aucun assaut le semblait en mesure de percer la défense de l'animal, le projectile magique Faustine, lui, le traversa avec la force d'une baliste, frappant même notre ami, Coeur-Vaillant qui se trouvait de l'autre coté. Alors Artrimar se manifesta sur le pas de sa porte, esprit vengeur nous défiant de venir l'affronter. Son rire résonna quelques minutes, et le fantôme disparu. Nous ignorâmes l'affront et après quelques échanges amicaux, des remerciements et la promesses de se revoir, nos routes se séparèrent encore, et nous allâmes retrouver notre chorégraphe.


Dernière édition par Vicylia le Mer 1 Juin - 18:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Compte Rendu/Journal - Agone :    Mar 5 Avr - 10:54

comme tu peux le voir j'ai corrigé certaines choses durant ma première lecture.
Je te laisse éditer ton texte, et te remercie infiniment pour le travail effectué. J'ose penser que je ne suis pas le seul à penser cela.


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Compte Rendu/Journal - Agone :
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